Mini en mai, duel au taquet !

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Hors de question que je devienne le Poulidor de la saison 2019 (ou la poulie d'or !). Et pourtant... c'est encore une deuxième place que je décroche sur cette Mini en mai, course au départ de la Trinité-sur-Mer, mon port d'attache ! Mais au-delà de l'agacement de ne pas réussir à ravir la première place, il y a eu encore plein d'apprentissages et de bons moments à bord de Tartine. Je vous raconte ? 

Tartine en tête dans le parcours côtier de Quiberon... Crédit : Jacques Vapillon

 

Un parcours en deux temps, adapté aux conditions météo

 

     Les conditions de départ étaient un peu particulières, avec l'arrivée d'un beau coup de vent sur nos côtes (merci la tempête Yukon !). Le directeur de course, Yves Le Blévec, a été contraint de faire un choix difficile : non seulement il a fallu avancer le départ de 24 h, mais aussi scinder en deux le parcours initialement programmé de 500 Nm, afin d'éviter d'envoyer au casse-pipe une flotte de près de 80 Minis. Après un premier côtier de 120 milles, la course a donc été neutralisée, puis un deuxième départ a été donné deux jours plus tard, avec les mêmes écarts de temps qu'à l'arrivée du premier parcours. Un format rare, permettant à l'ensemble de la flotte de naviguer en sécurité et en préservant au maximum l'équité sportive, un bel exemple de réactivité et une belle réussite pour l'organisation et les coureurs !

  

Sauf que, quand même, partir 24 heures plus tôt que prévu, ce n'est pas anodin. C'est parfois dur à comprendre de l'extérieur, mais nos petits bateaux sont très exigeants en termes de préparation, et il y a toujours mille choses à faire à bord (surtout pour un perfectionniste comme moi !). Je pense donc être parti un peu moins reposé que j'aurais aimé.

 

A la pêche, je ne veux plus y aller maman...

Pour le premier parcours côtier, on part clairement pour un sprint. Malheureusement, je ne prends pas un très bon départ, parce que... je ne suis pas très bon en départ. Sûrement trop prudent, mais préserver ma Tartine dans ces moments est toujours ma priorité. Heureusement, je me rattrape vite derrière, et je boucle le petit parcours en baie de Quiberon en tête, avec une petite avance sur mes poursuivants. La sortie de la baie se fait au près, et le vent n'en finit plus de mollir. Sur le plan d'eau, on voit même apparaître des zones sans vent du tout, que je tente autant que possible d'éviter tout en contrôlant Erwan sur le 80. Le courant de marée est fort à la Teignouse, on bute en attendant la renverse et on se fait rattraper par les premiers en Série. On passe péniblement les bouées au large de la Teignouse dans un souffle de vent... Ces moments où chaque pas à bord de Tartine est bien calculé ! 

  

Ugh François, je viens en paix, n'aie pas peur... Crédit photo : Jacques Vapillon

Au milieu de la nuit, on retouche enfin un peu de vent. J'ai réussi à me décaler un peu au Nord-Est avec le 709, ce qui s'avère plutôt un bon calcul : je passe en tête à Groix. Après avoir contourné l'île, on redescend au reaching assez serré. A cette allure, le 865 de François Jambou est un peu plus à l'aise et réussit à me dépasser. Il va falloir encore beaucoup de travail pour compenser cette carène explosive conçue par David Raison en 2014, et qui ne prend pas une ride ! 

On contourne Belle-île au près, je suis à 0,5 milles de François. Mais à une heure du plateau du Four, je pars me reposer quelques minutes, et là... bateau à l'arrêt ! Pas difficile d'établir le diagnostic : je me suis emmêlé dans un casier, j'ai un tour autour de la quille... Je multiplie les marches arrières et les 360° sur moi-même pour tenter de venir à bout de cette belle pelote de noeuds. J'y perds vingt minutes, et surtout deux milles sur François, qui s'échappe. C'est forcément un peu frustrant, d'autant que je n'ai même pas l'occasion de ramener un petit homard en guise de souvenir ! 

Le retour se fait au portant sous grand spi. Je suis assez rapide, mais François aussi. Il y a donc peu de modification dans les écarts de temps et de distance – globalement 2,5 milles. Je boucle donc le premier parcours 28 minutes derrière lui ! 

Quand Tartine se prend pour un sous-marin

Le deuxième départ ne se fait pas franchement dans les mêmes conditions. Cette fois, il y a de l'air, et encore pas mal de mer après le petit front velu passé la nuit-même. On dépasse Houat et Hoedic avant de faire direction plein Sud vers le plateau de Rochebonne, au large de la Rochelle. C'est un grand bord de reaching sous gennaker, et nous atteignons la marque de parcours avant la tombée de la nuit. Pas de temps à perdre ! Pour la petite ancdote, j’accroche en chemin le signal AIS de Sodebo qui fait du près à 17,5 nœuds quand nous on se trempe à 13 nœuds sous gennak ! D'après le principal intéressé, ils naviguaient "clairement sous la vitesse cible"... 

 

Deux photographes prêts à en prendre plein la tronche pour nous mettre en valeur ! A gauche Jacques Vapillon, à droite Christophe Breschi ! Le talent !

Le retour vers les Glénans se fait au reaching, on avance bien sur la route jusqu’à une dizaine de milles de la Jaune des Glénans, où le vent tombe. Je reviens à proximité de François, mais lui redémarre un peu plus tôt et recrée un peu d’écart. Une fois la Jaune enroulée, on continue au près en attendant que le centre dépressionnaire nous passe dessus. Là je stresse un peu de ne pas voir la trace du 800, qui avait fini troisième sur la première étape, et je me demande s'il n'a pas fait un joli coup pour nous ravir la timbale. Je passe pas mal de temps à le chercher sur l'eau, mais visiblement lui aussi s'est beaucoup cherché (pour l'anecdote, il est allé à une autre bouée et s'est rajouté dix bons milles de parcours...). 

Un peu avant la Teignouse, François fait un peu d’Est et je crois à une belle opportunité de revenir, mais il me voit virer et change illico de trajectoire ! J'ai un mille et demi de retard sur lui à la Teignouse, et je le vois clairement à portée de fusil mais... il ne reste que 10 milles à parcourir ! Vraiment, vous voulez pas continuer à jouer les copains ? Parce que moi j'ai bien envie de lancer une troisième manche hein ! 

 

 

A l'arrivée, ça fait seulement huit minutes d'écart, donc j'ai rattrapé vingt minutes par rapport à la première étape. C'est forcément un peu décevant de sentir qu'il ne manque pas grand chose pour grimper la dernière marche ! Mais deuxième reste un bon résultat (faut juste pas que je m'y habitue), et on s'est livrés une belle bataille sur l'eau ce qui est toujours aussi génial à vivre ! Je suis content aussi de sentir que j'ai bien retrouvé mon rythme en mer : j'ai réussi à me reposer régulièrement sur la deuxième étape, et j'en avais encore sous la pédale à l'arrivée. Dans les aspects positifs, je suis aussi très heureux de voir que mes nouvelles voiles en 3DI réalisées par mon partenaire North Sails tractent fort, ça augure de belles choses !

Pour conclure, je pourrais reprendre la bêtise immortalisée par "le Télégramme" dans un article très chouette sur notre beau duel avec François Jambou : "On va faire essayer de faire mentir l’adage. Il a gagné à Pornichet où j’ai grandi, à La Trinité où je vis. A Douarnenez, je n’ai pas d’attache, alors…". Rendez-vous à Douarnenez pour le trophée Marie-Agnès Peyron le 6 juin !

 

Allez, la prochaine fois, je vise le centre ! 

 

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